Partir-magazine Berlin - De bas en haut

Mégapole meurtrie, anéantie… et à jamais résiliente. Laissez-vous surprendre, l’espace d’un week-end !

Depuis novembre 1989, Berlin a retrouvé son cœur originel : Alexanderplatz ou « Alex » comme disent les autochtones. En son centre s’élève la tour de la télévision devenue le symbole de la ville. Construite sous la RDA en 1969 peu avant la célébration du vingtième anniversaire de l’Allemagne de l’Est, c’est le bâtiment le plus visible de Berlin et le plus haut (368 mètres) ouvert au public en Europe. « Nous accueillons plus de 3 millions de visiteurs par année, précise Dietmar Jeserich, responsable de la communication. La génération des millennials ignore souvent que la « Fernsehturm » était destinée à la diffusion de la télévision couleur à l’est et de la propagande communiste à l’ouest. »

Vertigineux

Au sommet, imaginez le XIX ème siècle avec une nébuleuse de bourgades et de villages dispersés au centre de la sablière du Brandebourg. Le tout fut réuni en une mégapole de 890 km2 où l’on case huit fois les vingt arrondissements de Paris. Au rez-de-chaussée, une animation en réalité virtuelle entremêlent les clichés d’une guerre, de ceux de l’extravagance des années folles, de la crise, d’une autre guerre et de la volonté d’Hitler de faire de Berlin la « Germania » du monde.

Tradition baroque et architecture contemporaine

A quelques minutes à pied de la « Fernsehturm », le Château de Berlin, reconstruit et abritant le Humboldt Forum, a fière allure dans sa conjugaison parfaite des façades du XVIII ème siècle et de celles conçues par l’architecte Franco Stella. Le montant des travaux avait été estimé à 400 millions d’euros, ce fut le double au final. Cher ? Les Berlinois ont trouvé que cela était mérité. N’hésitez pas à monter sur le toit – c’est gratuit - pour une vue panoramique, certes d’un peu moins haut, mais qui en vaut la peine ! Une fresque de Mexico rappelle le voyage qu’Alexandre von Humboldt, géographe et explorateur, fit au Mexique.

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La vie de demain

Ouvert depuis 2019, le Futurium est l’un des endroits favoris de la jeunesse connectée. A l’entrée, des bracelets remis aux visiteurs permettent d’exprimer ses choix possibles, visionnaires et réalisables ou utopistes le long de panneaux dispersés sur 3 200 m2. A la sortie, l’analyse des données par un robot laisse pantois. Etes-vous prêt pour l’avenir ?

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Des couleurs dans la grisaille

A l’ombre de la Nikolaikirche, la plus ancienne église conservée de Berlin, se niche un musée intimiste dédié à Heinrich Zille (1858-1929). Les dessins de cet artiste retracent au vitriol l’industrialisation de la ville et le quotidien de ses habitants. Un endroit décapant au numéro 11 de la Propst Strasse.

Kottbusser Tor, c’est Kreuzberg dont les graffitis contestataires ont envahi les murs. Hippies, junkies, hipsters, migrants et touristes du monde entier s’y côtoient. A l’étage du Neues Kreuzberger Zentrum, le Café Kotti, appartenant à Ercan Yasaroglu, réfugié politique turc, est un lieu de partage multiculturel et de fraternité humaine. Vous n’êtes pas obligé de consommer mais allez-y rien que pour le décor !

A Prenzlauer Berg, entrez au numéro 12 de la Kastanienallee pour découvrir les cours et arrière-cours débouchant sur un petit parc, le Hirschhof. Témoignage de la spéculation immobilière vers 1870, ce complexe d’habitation de 40 sur 130 mètres avait 300 appartements d’une pièce et demi où logeaient environ 2000 personnes parmi les plus pauvres. Aujourd’hui, Prenzlauer Berg, envahi par les bobos, est hors de prix.

En pratique

Dès son arrivée à BER (Berlin Brandenburg Flughafen) ou à la Hauptbahnof, se rendre au guichet Information pour se procurer la « Berlin Welcome Card », transports publics illimités et réductions dans les attractions de la ville.

Manger

Se restaurer à Berlin demeure avantageux. L’assiette du jour est souvent à moins de 14 euros. Sur le pouce, la « Street Food » des échoppes ethniques est délicieuse. En boisson, le « Fritz Cola » est tendance.

Acheter

L’ « Ampelmann », petit personnage grassouillet en rouge et vert sur les feux de signalisation de feue la DDR, se décline de toutes les façons. Un souvenir original à acheter dans les boutiques d’Alexanderplatz ou de la Gare Centrale.

Texte et photos : Claude-Yves Reymond

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